Libre propos / Blaise Louembé :  »Nous avons aussi appris que cette adhésion n’implique pas forcément l’obligation de prendre l’anglais comme deuxième langue officielle »

GABON : PROCESSUS D’ADHÉSION AU COMMONWEALTH

Le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM  Ali Bongo Ondimba a annoncé en Conseil de Ministres l’adhésion du Gabon à la charte du Commonwealth. Il a rencontré récemment à ce sujet, la secrétaire générale du Commonwealth, la baronne Patricia Scotland et, par la suite, le prince Charles. Il a parlé lui-même d’un “tournant historique”.  

Alors que le Gabon n’a aucun lien historique avec le Royaume-Uni, bien qu’étant membre de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et surtout l’un des plus proches alliés de la France en Afrique, il a pourtant introduit cette demande d’adhésion au Commonwealth, un « club » créé en 1949 regroupant d’anciennes possessions coloniales britanniques. Après le Mozambique en 1995 et le Rwanda en 2009, le Gabon sera le troisième pays non anglophone à l’origine, à rejoindre cette organisation anglophone. Rappelons que le Français est seulement la 5e langue la plus parlée dans le monde après l’Anglais, le mandarin, le hindi et l’espagnol. 

La Commission des Affaires Étrangères, de la Coopération internationale, de la Défense Nationale et de l’Intégration Régionale de l’Assemblée Nationale  a reçu ce jour le Minsitre des Affaires Etrangères, Monsieur Pacôme Grégoire Moubelet-Boubeya, venu édifier la représentation nationale et répondre aux  préoccupations des députés sur la problématique de cette adhésion. 

Au delà des questions de terminologie rapidement clarifiées, on a appris pour l’essentiel que le Gabon s’inscrit dans un processus de diversification de ses partenariats multilatéraux et va profiter de la proximité avec les 54 pays membres qui comptent 2,450 milliards d’habitants. Nous avons aussi appris que cette adhésion n’implique pas forcément l’obligation de prendre l’anglais comme deuxième langue officielle et encore moins d’être inscrit dans un processus d’une « france-Afrique à la britannique » avec pour corollaire une soumission à la Reine d’Angleterre. Nous avons été également édifiés sur les délais de ce processus d’adhésion. 

Au terme de l’audition, les députés, édifiés, soutiennent l’engagement du  Président de la République, chef de l’Etat, à ouvrir le Gabon à d’autres sphères économiques, sans que cette volonté de diversification ne soit perçue comme une remise en cause des engagements avec le monde francophone.

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